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L’image de la ville de Brest image 227 x 154

jeudi 2 mai 2002, par Rue de Penfeld

" L’urbanisme est un désastre, le site une beauté, la Penfeld une perle. La ville a besoin de s’émanciper de la Marine sur cet endroit".
Ces propos sont extraits d’une étude commanditée par la Communauté Urbaine de Brest sur les représentations de la ville de Brest.

Qui a dit ça ?
Vous serez étonnés de lire jusqu’au bout cette anthologie !

L’étude réalisée en 1999 par l’agence TMO a permis de recueillir auprès du grand public, des professionnels et même de hauts cadres de la Marine " ce qui se dit sur la ville".

Que donne Brest à voir ? Quel souvenir en garde t-on ? Quels en sont les pôles d’attractivité ?

L’image d’une ville participe à son développement en terme d’attractivité et de croissance.

Dans le contexte actuel de restructuration, la Communauté Urbaine de Brest a commandité une étude sur les représentations de la ville de Brest. Cette étude réalisée en 1999 par l’agence TMO a permis de recueillir auprès du grand public et des professionnels " ce qui se dit sur la ville", de mettre en lumière l’image qu’elle véhicule et d’en analyser les différents facteurs d’attractivité.

Les constats :

- Brest bénéficie d’une bonne identification géographique associée à la mer. Cependant elle apparaît " au bout du monde ", " seule " face à la mer, sans arrière-pays. La question des territoires en relation avec Brest se pose.

- Son patrimoine littoral notoire constitue un facteur d’attractivité résidentielle.

- Brest a une identité forte et spécifique, une tonalité particulière, avec une dimension à la fois austère et conviviale, industrielle et touristique, froide et accueillante. La ville ne laisse pas indifférent. Elle a une personnalité marquante. Brest reconstruite après-guerre, ne posséde pas de centre ville historique et génère des représentations urbaines très négatives.

- De plus une méconnaissance des ressources culturelles de la ville renforce ces représentations péjoratives.

- L’enseignement : les formations généralistes de l’Ecole Supérieure de Commerce et de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO), souffrent de la comparaison avec les centres universitaires de Nantes et Rennes. Par contre, les formations et la recherche en océanographie sont connues et reconnues à l’instar d’Ifremer. Paradoxalement le marché de l’emploi offre peu d’opportunités dans ce secteur.

- Les entreprises brestoises : elles véhiculent une image positive de travailleurs sérieux, bien que le surcoût relatif à la distance est parfois un frein à l’établissement des relations partenariales.

- L’image de la Marine et des activités de construction navale domine toutes les relations de l’économie de Brest. L’image de cette domination est négative. Jusqu’ici, elle assurait à la ville un positionnement national comme pôle stratégique et industriel de la Marine Nationale, mais celà change avec le désarmement.

- De façon générale, les images spontanément associées à Brest sont ambivalentes, ville laide et région superbe, économie sinistrée et dépendante, mais brestois autonomes et volontaristes, inadaptation au marché mais ouverture d’esprit et potentiel scientifique, ville froide aux premiers abords mais qui se révèle chaleureuse et attachante au bout du compte.

Des étudiants en prépa, des anciens étudiants brestois, des Directeurs de Ressources humaines et des militaires de haut niveau parlent de Brest :

- Chez les étudiants de prépa, interrogés sur les villes dans lesquelles ils aimeraient intégrer une école ou une fac, Brest n’est pas mentionnée. A cela trois arguments sont avancés : Brest est ni un grand centre universitaire ni une grande ville attractive sur le plan culturel ; de plus elle est " excentrée ", "loin de tout ".

Du côté des anciens étudiants brestois, ceux-ci ne sont pas aujourd’hui tous prescripteurs d’image positive de la ville : 40% d’entre eux présentent la ville comme " laide ", 11 % d’une ville " peu active, où il y a peu d’activité économique ", 18 %d’une ville au climat désagréable ".

Ce témoignage en est un exemple : " je suis à Lyon aujourd’hui, j’y construis ma vie, c’est la région de mon mari. Je ne reviendrai pas à Brest, c’est une région isolée et une ville froide. Il faudrait vraiment une rémunération exceptionnelle pour que je me pose la question " ; ou bien encore : " Brest est dans une belle région mais la ville est laide, rien que pour celà je ne m’y vois pas y retourner et puis pour faire quoi, il y a peu d’emplois dans mon secteur à Brest. J’habite Paris et si je vais en Province ce serait soit le soleil soit plutôt Rennes ou Nantes, ce serait plus facile pour voir la famille mais la page brestoise, je crois qu’elle est tournée.

" En contrepartie, ils sont 29% d’étudiants à défendre l’image d’une ville " agréable à vivre " et 14%, d’une ville "accueillante, aux habitants sympas et ouverts " et 68 %, pour dire que cette ville " est facilement accessible ".

-  Chez les jeunes diplômés en recherche d’emploi : 26% sont incapables de dire quoi que ce soit sur la ville. Puis vient le discours convenu sur l’architecture et l’urbanisme portant sur une représentation d’une ville froide, triste, grise, laide, qualificatifs utilisés par près d’un tiers de l’échantillon.

-  Les Directeurs de Ressources Humaines relèvent quatre points dans les discours sur la ville de Brest :

I Urbanisme et architecture de la ville
Les Directeurs de Ressources Humaines parlent également de la laideur de la ville à l’architecture " stalinienne ", froide et grise. Ils pointent du doigt l’absence de centre-ville et préconisent des aménagements pour le rendre plus attractif, comme : " la mise en zone piétonne de l’une des deux rues principales, rue de Siam ou boulevard Jean Jaurés, ce qui dynamiserait les activités commerciales et donnerait un peu de vie au centre ", " l’ouverture de commerces et de centres d’activités au-delà de 18h30 " et l’ouverture de la Penfeld et " l’accès libre du port réservé à l’armée ". En effet la rade de Brest est présentée comme le joyau de la ville et constitue un élément fort de l’identité de la ville et l’inaccessibilité de certaines parties à cause des zones militaires est regretté.

Image économique de la ville
Sur le plan économique l’image de Brest est mono culturelle à cause des industries militaires. " En effet, pour les acteurs économiques brestois et étrangers à la ville de Brest, c’est l’activité liée à l’arsenal qui prédomine et occulte la diversité réelle de Brest ". " La récession qui touche l’industrie de l’armement dans la région de Brest draine dans son sillage l’idée d’une sinistrose générale, de sorte que tous les pôles d’excellences développés par le bassin économique de Brest sont ignorés : l’océanologie, l’agroalimentaire, l’électronique et l’informatique ".
Mais l’impact négatif de la DCN entraîne un décalage entre la mauvaise image économique de Brest et la réalité économique de la ville et du bassin d’emploi.
" L’état de sinistrose entraîné par la régression des activités liées aux armements et à l’arsenal en général avec la DCN, induit une perception fermée des capacités et perspectives et développement économiques du bassin de Brest.

Tradition maritime et volontarisme des brestois
Cependant la culture maritime impressionne le caractère des brestois par " l’endurance, la force de caractère, la disponibilité professionnelle, la convivialité."... et donne une image de travailleurs courageux :
" On pourrait comparer Brest au Havre, à Rouen, à Cherbourg mais à Brest il y a un volontarisme, un dynamisme individuel qui est particulier.
" Je pense qu’un des atouts de Brest ce sont ses hommes qui ont suffisamment de fierté et de volonté pour faire sortir leur ville du marasme. "

Les plages du Finistère, Brest et la mer.
L’exploitation industrielle, commerciale et touristique de la mer et de son image reste, de l’avis commun, la ressource de Brest. " C’est une valeur sûre de l’attractivité de la région ". " Le patrimoine littoral est l’image la plus positive qui peut être mise en avant par l’unanimité qu’elle fait tant auprès des personnes de la région que de celles qui y sont extérieures. "
Les activités liées à la mer sont largement plébiscitées et reste un facteur d’attachement à la ville , notamment chez les cadres.
Les représentations des offres de carrière pour les cadres apparaissent plus limitées que dans d’autres villes comme Rennes, Nantes, Paris. La " sinistrose ambiante " et la localisation géographique " au bout du monde " de Brest accentuent l’image peu attractive de la ville. Cependant l’intégration des nouveaux arrivants se fait facilement et Brest n’accuse pas de turn-over plus prononcé que par ailleurs. Les DRH brestois jugent élogieusement le tissu associatif, culturel et social de Brest. En revanche cette réalité n’est pas connue à l’extérieur et ne constitue pas en l’état actuel un argument pour les personnes qui auraient à envisager une vie professionnelle à Brest.
Pour les DRH et en conclusion " la difficulté c’est d’attirer le candidat, une fois qu’on l’a attiré, on sait comment le conserver " et " si l’on vient parfois à reculons à Brest, on souhaite souvent y rester ".

La Marine Nationale (quelques cadres de haut niveau ont été interviewés dans cette enquête).

Les militaires parlent de l’enjeu de la Penfeld pour la ville de Brest :

- " La réappropriation de laPenfeld est à terme nécessaire pour la ville de Brest "

- " Le vrai coeur de Brest, c’est la Penfeld. C’est un enjeu important pour Brest, l’outil industriel devant être rationalisé, une partie du site pourrait être rendu à la ville. Cela doit faire l’objet d’un grand projet d’urbanisme ".

- " On sent toujours la coupure entre la ville et la mer, pour qu’elle ne lui tourne pas le dos, il faut gagner la Penfeld ".

- " L’urbanisme est un désastre, le site une beauté, la Penfeld une perle. La ville a besoin de s’émanciper de la Marine sur cet endroit".

- " La partie invisible de la ville pour le commun des mortels c’est la Penfeld qui est un lieu magique et inaccessible, où devrait battre le coeur de la ville. "

Commentaire de "Rue de Penfeld" : Voila, maintenant peut être comprendrez vous mieux pourquoi la libération de la Penfeld est importante pour l’attractivité de Brest et pour maintenir et créer des emplois nouveaux !
Alors signez nombreux et faites signer la pétition en ligne. (Dans Agir : Rue de Penfeld manifeste)

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