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Faudrait que ça ne change pas mais que ça change quand même
lundi 5 août 2024
L’inconvénient quand on voudrait que ça change c’est que souvent ça ne change pas comme on voudrait. Quand je vois comment a été construit le quartier autour des Capucins, je m’interroge. Tous ces immeubles ça ne me donne pas envie d’y aller et encore moins d’y vivre. J’imagine qu’il y a plusieurs courants chez les promoteurs immobiliers et les architectes. On pourrait se demander si ceux qui sont intervenus là ont envisagé d’y habiter eux même et s’ils sont dans la réflexion de la ville de demain. Je suis consciente de la nécessité de densifier et d’éviter l’étalement urbain, mais tout de même il y a de quoi s’interroger sur la prise en compte des réflexions sur le climat, sur la qualité de vie, sur la nature en ville … autant d’éléments qui m’amènent à dire que je ne souhaite pas que la Penfeld s’ouvre plus pour bien évidemment de mauvaises raisons. Je vois déjà ces promoteurs se jeter sur cette proie pour en faire « le » quartier pour lequel leurs agences de Com détourneront sans vergogne des arguments d’un imaginaire du bien vivre urbain. On a déjà un « séquoia » qui va sortir de terre, l’arbre le plus volumineux du monde qui peut vivre plusieurs milliers d’années comme l’image d’un avenir tout de béton vêtu, il y en a qui en ont de l’imagination … c’est vrai qu’on a déjà un arbre métallique sur la rive gauche...
Mais bon, bien entendu quand j’ai su que les portes étaient ouvertes je me suis précipitée pour aller voir la Penfeld de près et si j’ai trouvé plein de choses moches je me suis dit qu’au moins il y avait de l’espace. C’est certain que bien des villes ont transformé, avec plus ou moins de réussite, des sites industriels en lieux à vivre y compris avec du logement. Il me semble toutefois que, soit l’époque soit ceux qui interviennent dans de grandes villes, y compris à Brest, nous construisent à peu près les mêmes choses partout et de mon point de vue le caractère propre à chaque ville se perd. En parcourant le site, je me suis demandée s’il serait envisageable de partager les abords de la Penfeld sans les remplir plus qu’ils ne le sont ; laisser les rives accessibles comme le poumon du cœur, si on peut utiliser une telle formule, une zone « douce » pour reprendre le vocabulaire des déplacements.
Bref, je me suis demandée si on ne pouvait pas faire de ce lieu un espace de vie, au sens vrai du terme, c’est à dire lieu de rencontres, de travail, de déplacement, d’histoire, sans l’envahir de constructions diverses … d’autant que comme pour d’autres lieux la question de la montée des eaux pourrait se poser d’ici quelques années.
Je continue mon tour et on en reparle, à bientôt, Odile
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